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Et si la majorité des maladies chroniques n’étaient que l’aval d’une seule panne métabolique ?

Diabète, hypertension, foie gras, inflammation, fatigue : les visages différents d’un même dérèglement.

Auteur : Laurent Glatz Publié : 2026-05-02 Catégorie : Santé métabolique

Et si la majorité des maladies chroniques n’étaient que l’aval d’une seule panne métabolique ?

par Laurent Glatz – pour Athletic Carnivore

Une cuillère à café de sucre, et tout peut basculer

Il ne devrait circuler qu’environ une cuillère à café de sucre dans tout le sang à un instant donné. C’est à partir de ce fait biologique élémentaire que le raisonnement devient implacable. Lorsque l’organisme perd sa capacité à gérer correctement le carburant, à stocker l’énergie sans débordement, à la relâcher au bon moment et à l’oxyder proprement, il entre dans une zone de dysfonction métabolique qui ne produit pas une seule maladie, mais une cascade. Diabète de type 2, hypertension, stéatose hépatique, hypertriglycéridémie, adiposité viscérale, fatigue chronique, brouillard mental, inflammation de bas grade et une partie du risque cardiovasculaire cessent alors d’être des problèmes séparés. Ils deviennent les expressions différentes d’un même terrain. C’est précisément la thèse défendue par le Dr Campbell Murdoch, médecin généraliste britannique du NHS, spécialisé dans la santé métabolique, avec un parcours en médecine du sport et de l’exercice, en amélioration de la qualité des soins, en enseignement clinique et en déploiement d’outils pratiques de prévention en soins primaires.

La médecine fragmente ce que la physiologie relie

Le point central est là : la médecine moderne continue trop souvent à fragmenter ce que la physiologie relie. On traite le glucose d’un côté, la tension de l’autre, le foie ailleurs, les douleurs dans un autre couloir, la fatigue encore ailleurs. Pourtant, lorsqu’on regarde les marqueurs, la cohérence saute aux yeux. Des triglycérides élevés, un HDL abaissé, une HbA1c qui monte, une tension au-dessus de 130/85, un tour de taille qui s’élargit, une ALT qui grimpe, un CRP discrètement élevé : ce n’est pas une coïncidence statistique, c’est une signature métabolique. Murdoch insiste sur ce point dans sa pratique de terrain : les troubles chroniques apparaissent rarement seuls. Ils s’agrègent. Ils se superposent. Et cette agrégation n’a rien de mystérieux. Elle traduit un organisme progressivement rendu moins apte à répondre à l’insuline, à contenir l’inflammation et à maintenir une stabilité énergétique correcte.

Insuline, cortisol, leptine, ghréline : la cascade hormonale

Les mécanismes hormonaux expliquent cette dérive avec une grande brutalité. L’insuline est censée faire entrer le glucose dans les cellules. Quand les cellules résistent, le pancréas augmente la pression. L’hyperinsulinémie devient chronique. Le stockage s’accélère, l’accès aux réserves ralentit, la glycémie devient plus instable, et l’organisme commence à fonctionner dans une logique de compensation permanente. Le cortisol aggrave le problème en augmentant la production hépatique de glucose, en perturbant le sommeil, en entretenant un état de stress biologique continu. La leptine renseigne moins bien sur l’état réel des réserves, la ghréline remonte plus facilement, la satiété devient moins fiable, et l’individu mange souvent non par besoin énergétique réel, mais parce que la signalisation interne est déjà dégradée. À court terme, cela donne fatigue, sautes d’énergie, fringales, mauvaise récupération, baisse de concentration. À long terme, cela nourrit l’inflammation, la graisse viscérale, la rigidité vasculaire, la progression vers le diabète et l’usure silencieuse des organes.

Une thèse simple parce qu’elle est exploitable

Ce qui rend la thèse dérangeante, ce n’est pas seulement qu’elle soit simple, c’est qu’elle soit cliniquement exploitable. Murdoch rapporte que lorsqu’on agit sur les bons leviers, les réponses peuvent être rapides : amélioration de la glycémie, de la pression artérielle, du tour de taille, de l’énergie, parfois en quelques jours à quelques semaines. Son approche insiste sur un apport protéique suffisant, la réduction des obstacles métaboliques évidents comme l’alcool, davantage de mouvement quotidien, un peu de résistance musculaire, une meilleure hydratation, plus de sommeil et une lecture plus lucide des marqueurs biologiques que celle proposée par les routines habituelles. Le point intéressant n’est pas d’en faire une formule magique. Le point intéressant est de constater qu’une grande partie de la maladie chronique moderne semble réagir très vite dès que l’on cesse d’alimenter la panne de départ. Cela devrait suffire à embarrasser toutes les recommandations qui continuent à traiter les conséquences sans interroger sérieusement le moteur.

Le diagnostic ne doit pas faire oublier le terrain

La conclusion est donc inconfortable. Non, toute maladie chronique ne se réduit pas à la seule santé métabolique. Mais oui, il devient de plus en plus difficile de nier qu’une immense partie du paysage pathologique contemporain en soit l’aval direct. Et si la plupart des dérèglements modernes relèvent moins d’un manque de médicaments que d’un corps saturé, inflammé, hormonalement désorienté et énergétiquement mal piloté, alors la vraie question n’est plus seulement de savoir quel diagnostic vous portez. La vraie question est de savoir combien de temps encore vous allez continuer à nourrir chaque jour, par vos choix alimentaires, le terrain biologique même qui entretient votre problème.

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