par Laurent Glatz – pour Athletic Carnivore
Ils savent. Ou croient savoir.
Ils prescrivent, dosent, mesurent, conseillent.
Ils parlent de cortisol, de thyroïde, d’équilibre acido-basique, de supplémentation ciblée, de “soutien hépatique”, de courbes glycémiques. Ils dressent des plans. Recommandent des marques. Corrigent des déficits. Avec assurance. Parfois avec arrogance.
Mais au fond, il y a un point qu’ils évitent : la base.
Ce que le corps est censé faire naturellement, sans béquille, sans ajout, sans rattrapage.
Et c’est précisément ce que l’on constate quand on les observe : ils compensent. En boucle.
Le vernis du savoir
Face à une biologie qu’ils ne comprennent qu’en surface, beaucoup de “spécialistes” de santé fonctionnelle, qu’ils soient médecins, naturopathes, coachs ou autres, se réfugient dans des schémas. Ils s’accrochent à ce qu’ils maîtrisent : une molécule, une analyse, un supplément.
Mais ils oublient l’essentiel : le terrain ne se répare pas avec des outils. Il s’équilibre par le mode de vie.
Leur approche, souvent bien intentionnée, reflète une incapacité à penser globalement. À sortir du fragment.
On propose du zinc pour la peau, du magnésium pour le stress, de la mélatonine pour le sommeil, du glutathion pour le foie…
Mais aucune remise en question de l’alimentation de base, de la charge métabolique, du système nerveux, du lien réel au corps.
Ce n’est pas de la science. C’est du colmatage.
Ce qu’on mesure remplace ce qu’on ressent
Plus on mesure, moins on perçoit. C’est un fait.
La sur-quantification des données biologiques déconnecte l’individu de son propre vécu.
On mange “comme il faut” selon l’appli, mais on ne sait plus reconnaître la vraie faim.
On fait son “protocole de soutien surrénalien”, mais on ignore qu’on est juste en surcharge chronique depuis 10 ans.
On prend de la D3, de l’oméga 3, de la glycine… et on déglingue le foie sur un fond de légumes oxalés et de stress mal digéré.
La dérive est là : on optimise sans cohérence.
Ce que l’Homme savait… avant de vouloir tout expliquer
Il y a 100.000 ans, l’humain n’avait ni livre, ni analyse, ni supplément.
Il mangeait selon la saison, selon l’effort, selon le besoin. Il ne calculait rien.
Et pourtant, il allait bien. Parce qu’il vivait selon ses constantes internes, pas selon des théories importées.
Nous, on n’a rien modélisé au départ.
On a simplement constaté.
On a vu ce qui changeait quand on enlevait le sucre. Quand on coupait les végétaux irritants. Quand on laissait le corps reprendre le contrôle.
Et ensuite, on a cherché à comprendre pourquoi ça fonctionnait.
Ce que ça révèle
Ceux qui commencent par théoriser, doser, corriger, sans d’abord observer leur fonctionnement brut, ne réparent rien. Ils déplacent le symptôme.
Ils croient ajuster le corps. En réalité, ils ajustent leur inconfort face à leur propre ignorance.
L’approche carnivore, low carb ou ancestrale ne promet pas de contrôle absolu.
Elle propose une base stable.
Et une base stable, c’est ce qui rend les outils presque inutiles.
La question n’est donc pas “quel supplément me manque ?”
Mais : “pourquoi ai-je besoin d’un supplément dans un corps qui devrait fonctionner seul ?”
Ceux qui ont compris ça ne sont pas les plus diplômés.
Mais souvent, ce sont ceux qui vont le mieux.
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