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Le régime paléo : entre mythe et réalité

Ce qu’il faut vraiment savoir avant d’adopter le régime paléo

Auteur : Laurent Glatz Publié : 2026-10-06 Catégorie : Nutrition carnivore

# LE RÉGIME PALÉO : BON… ADMETTONS

**par Laurent Glatz – pour Athletic Carnivore**

On m’a expliqué un truc.

Il paraît qu’il faut manger comme nos ancêtres du Paléolithique.

Parce que nos ancêtres, eux, savaient manger.

Ah.

Bon.

Alors déjà, j’aimerais bien savoir comment on sait exactement ce que mangeait Marcel Néandertal, mardi soir, il y a 50 000 ans.

Mais apparemment, on sait.

On a retrouvé du tartre sur ses dents.

Voilà.

Le gars est mort depuis 50 000 ans, il ne nous a laissé ni carnet alimentaire, ni MyFitnessPal, ni photo de son assiette…

Mais il avait oublié de se brosser les dents.

Et heureusement.

Parce que maintenant, grâce à son tartre, on va pouvoir organiser notre alimentation en 2026.

Bon…

**Admettons.**

Première chose : il faut déjà admettre qu’on est tombé sur le bon Néandertal.

Parce qu’il y en avait quand même quelques-uns.

Mais nous, coup de bol extraordinaire, on n’a évidemment pas retrouvé Kevin Néandertal.

Le type qui mangeait n’importe quoi.

Non.

On est forcément tombé sur **Jean-Michel Néandertal, nutritionniste de la tribu**.

Le gars sérieux.

Repas équilibrés.

Pas d’écart.

Pas de lendemain de fête.

Pas trois jours à bouffer une racine dégueulasse parce que le mammouth avait décidé de partir en vacances.

Non.

Lui, son tartre représente forcément son alimentation optimale.

Bon.

**Admettons.**

Maintenant, il faudrait également que ce qu’on retrouve sur ses dents représente réellement l’ensemble de ce qu’il mangeait.

Parce que le tartre dentaire peut conserver des microrestes, de l’ADN et d’autres traces alimentaires.

C’est passionnant pour reconstruire une partie de son environnement et de son alimentation.

Une partie.

Pas nécessairement son menu complet sur trente ans.

Mais bon.

Admettons que ce petit morceau d’archive biologique soit le ticket de caisse complet du supermarché néandertalien.

**Admettons.**

Maintenant il faut choisir LE Néandertal.

Et là, ça commence à devenir intéressant.

Parce que lorsqu’on analyse des Néandertaliens retrouvés en Belgique, à Spy, on retrouve un profil alimentaire fortement orienté vers la viande, avec notamment rhinocéros laineux et mouflon.

Très bien.

Enfin !

Le régime paléo !

Sauf qu’à El Sidrón, en Espagne, on retrouve autre chose : champignons, pignons et différentes ressources végétales.

Ah.

Donc déjà, les Néandertaliens n’avaient visiblement pas reçu le même PDF nutritionnel.

Le Belge était sur :

« Rhinocéros à volonté ».

L’Espagnol :

« Aujourd’hui petite poêlée de champignons et pignons ».

Les données archéologiques montrent effectivement une diversité alimentaire bien plus importante que l’image simpliste d’un unique « régime néandertalien ».

Mais bon.

On va dire qu’ils mangeaient tous pareil.

**Admettons.**

Maintenant il faut également admettre que manger quelque chose signifie que cette chose est optimale pour la santé.

Parce que ça aussi, c’est magnifique.

On retrouve la preuve qu’un homme préhistorique mangeait quelque chose.

Donc :

IL FAUT LE MANGER.

Pourquoi ?

Parce qu’il le mangeait.

Très bien.

Mais peut-être qu’il le mangeait simplement parce que sinon…

**il crevait de faim.**

Le type n’avait pas exactement un Carrefour Market à 700 mètres.

Il n’allait pas dire :

« Ah non, désolé, ce soir le renne est un peu trop maigre, je vais attendre ma livraison Chronofresh. »

Il mangeait ce que l’environnement lui permettait de manger.

Survivre n’est pas la même chose qu’optimiser sa nutrition.

Mais bon.

Disons que chaque aliment consommé par nécessité était automatiquement excellent.

**Admettons.**

Ensuite, autre détail.

Le climat.

Parce que Néandertal n’a pas vécu dans un petit studio climatisé à 22 degrés avec une voiture, Netflix et 4 000 pas par jour.

Les populations néandertaliennes ont occupé des environnements extrêmement différents, avec des disponibilités alimentaires différentes.

Les travaux sur leur écologie alimentaire indiquent justement que l’utilisation des végétaux et des animaux variait avec l’environnement.

Mais ce n’est pas grave.

On va prendre l’alimentation d’un individu vivant dans une steppe glaciaire…

et l’appliquer à Michel, comptable à Lyon.

Michel se lève à 7 h 30.

Néandertal devait partir chercher 400 kilos de rhinocéros.

Même dépense énergétique.

Même environnement.

Même stress.

Même lumière.

Même saisonnalité.

Même nourriture disponible.

Exactement pareil.

**Admettons.**

Mais maintenant arrive un autre petit problème.

Parce que quand on dit :

« mangez comme au Paléolithique »,

de quel moment du Paléolithique parle-t-on ?

Parce que ça dure quand même plusieurs centaines de milliers d’années.

Et de quelle région ?

Afrique ?

Europe ?

Proche-Orient ?

Climat froid ?

Climat chaud ?

Bord de mer ?

Forêt ?

Steppe ?

Alors on va simplifier.

Tous les humains préhistoriques, partout sur Terre, pendant des centaines de milliers d’années, avaient le même menu.

**Admettons.**

Maintenant il faut encore décider quels aliments modernes sont « paléo ».

Et là, j’adore.

Les amandes du supermarché : paléo.

L’avocat sélectionné depuis des générations : paléo.

La banane moderne : paléo.

Les légumes issus de milliers d’années de sélection humaine : paléo.

L’huile conditionnée dans une bouteille avec extraction industrielle : parfois paléo.

Mais le lait ?

INTERDIT !

Pourquoi ?

Parce que l’élevage laitier est arrivé plus tard.

Ah.

Donc là, soudainement, l’évolution humaine s’est arrêtée au Paléolithique.

Terminé.

Rideau.

Après ça, Homo sapiens n’a plus bougé génétiquement.

Sauf que justement, la persistance de la lactase chez certaines populations est l’un des exemples classiques de coévolution entre alimentation et génétique humaine après le développement de l’élevage laitier.

Donc l’être humain a continué à s’adapter.

Ah merde.

Bon.

**Admettons qu’il n’ait pas continué à évoluer quand ça nous arrange.**

Et puis il y a encore un problème délicieux.

On parle souvent de « l’alimentation de nos ancêtres ».

Mais Néandertal n’est pas simplement notre arrière-arrière-arrière-grand-père avec un gros front.

Néandertal est une population humaine distincte avec laquelle Homo sapiens s’est métissé.

Donc déjà, prendre « Néandertal » puis expliquer directement :

« Voilà ce que mangeait l’être humain moderne »

demande quelques raccourcis.

Mais bon.

**Admettons.**

Admettons qu’on ait trouvé le bon individu.

Admettons que son tartre représente toute son alimentation.

Admettons qu’il mangeait exactement ce qu’il y avait dans son tartre tous les jours.

Admettons que ce qu’il mangeait était choisi pour optimiser sa santé et non simplement pour survivre.

Admettons que tous les Néandertaliens mangeaient pareil.

Admettons que l’environnement n’avait aucune importance.

Admettons que la saison n’avait aucune importance.

Admettons que la disponibilité alimentaire n’avait aucune importance.

Admettons que plusieurs centaines de milliers d’années puissent être résumées en un seul menu.

Admettons que les aliments modernes ressemblent aux aliments sauvages de cette époque.

Admettons que l’évolution humaine se soit arrêtée exactement au moment qui nous arrange.

Admettons que ce qui fonctionnait pour un chasseur-cueilleur préhistorique fonctionne nécessairement pour un employé de bureau en 2026.

Alors là…

Oui.

On peut peut-être commencer à parler **DU régime paléo**.

Sinon, on pourrait peut-être envisager une hypothèse beaucoup moins spectaculaire :

**nos ancêtres étaient surtout des organismes extrêmement adaptables qui mangeaient ce que leur environnement leur permettait de manger.**

Et ça, biologiquement, c’est beaucoup plus intéressant.

Parce qu’au lieu de chercher à reproduire l’assiette imaginaire d’un homme mort il y a 50 000 ans, on peut commencer par regarder ce que l’être humain est capable de digérer, d’utiliser et de métaboliser.

Et surtout ce que **votre organisme**, aujourd’hui, tolère réellement.

C’est là que la logique Athletic Carnivore diffère d’une religion alimentaire.

Le fait qu’un aliment soit ancestral ne le rend pas automatiquement adapté à tout le monde.

Le fait qu’un aliment soit moderne ne le rend pas automatiquement mauvais.

Le fait que Néandertal ait mangé quelque chose ne signifie pas que vous devez le manger.

Et inversement.

Ce qui compte n’est pas de jouer au Néandertal dans une cuisine équipée d’un réfrigérateur américain.

Ce qui compte est de comprendre la biologie.

Votre digestion.

Votre glycémie.

Votre satiété.

Votre activité physique.

Votre historique alimentaire.

Votre réponse individuelle.

Parce que finalement, le plus extraordinaire dans cette histoire n’est peut-être pas qu’on ait retrouvé ce que mangeait Néandertal.

C’est qu’on puisse retrouver trois molécules dans son tartre…

et, 50 000 ans plus tard, inventer tout un régime autour.

Bon.

**Admettons.**

Mais avant de manger comme Néandertal, il faudrait peut-être commencer par savoir si **votre propre organisme est d’accord avec le programme.**

**Comprendre mon terrain alimentaire**

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