Et si manger uniquement des aliments animaux ne créait aucune carence ?
par Laurent Glatz – pour Athletic Carnivore
On vous l’a répété toute votre vie.
Supprimez les végétaux et vous serez en carence.
En vitamines. En fibres. En antioxydants. En tout ce qui est censé protéger votre santé.
C’est l’un des dogmes nutritionnels les plus ancrés de notre époque.
Et pourtant, lorsqu’on examine la physiologie humaine et la composition réelle des aliments animaux, ce scénario catastrophe commence sérieusement à vaciller.
Car la question mérite d’être posée clairement.
Si quelqu’un mange exclusivement des aliments d’origine animale — viande, poisson, œufs, abats, produits de la mer — quelles carences apparaissent réellement ?
La réponse, lorsqu’on analyse les données nutritionnelles, est beaucoup moins dramatique que ce que l’on imagine.
Les aliments animaux sont des concentrés nutritionnels
En réalité, les aliments animaux comptent parmi les sources nutritionnelles les plus denses que l’on puisse trouver dans l’alimentation humaine.
La viande rouge, par exemple, fournit des protéines complètes contenant tous les acides aminés essentiels, mais aussi du fer héminique, hautement biodisponible, du zinc, du sélénium, du phosphore, ainsi qu’une grande partie des vitamines du groupe B.
La vitamine B12, indispensable au fonctionnement du système nerveux et à la production des globules rouges, n’existe pratiquement que dans les produits animaux.
Les œufs apportent de la choline, essentielle au cerveau et au métabolisme hépatique. Le jaune contient également de la vitamine A, de la vitamine D, de la vitamine K2 et de nombreux micronutriments.
Les poissons gras fournissent des acides gras oméga-3 à longue chaîne, EPA et DHA, indispensables au cerveau et au système cardiovasculaire.
Les abats, souvent négligés aujourd’hui, représentent de véritables concentrés nutritionnels. Le foie contient des quantités remarquables de vitamine A, de cuivre, de folates et de nombreuses vitamines B.
Autrement dit, sur le plan des micronutriments essentiels, les aliments animaux couvrent une grande partie des besoins humains.
Mais les critiques reviennent toujours vers les mêmes questions.
La vitamine C. Les fibres. Et certains minéraux.
La question de la vitamine C
Dans un régime riche en glucides, les besoins en vitamine C sont relativement élevés, car cette vitamine partage certains transporteurs cellulaires avec le glucose. Lorsque la glycémie est élevée, la compétition entre glucose et vitamine C augmente.
Dans un contexte très pauvre en glucides — comme dans un régime carnivore — cette compétition diminue. Les besoins physiologiques en vitamine C semblent donc plus faibles.
Par ailleurs, la viande fraîche contient de petites quantités de vitamine C, particulièrement dans certains tissus et organes. Les populations traditionnelles consommant des régimes très riches en produits animaux, comme certaines cultures arctiques, n’ont historiquement pas présenté de scorbut lorsqu’elles consommaient des viandes fraîches et des organes.
Les fibres ne sont pas toujours le centre du problème
La question des fibres suscite également beaucoup d’inquiétude.
Les fibres alimentaires jouent plusieurs rôles dans les régimes riches en glucides, notamment pour ralentir l’absorption du glucose et nourrir certaines bactéries intestinales.
Mais dans une alimentation très pauvre en glucides et en amidon, la physiologie digestive change. La production de gaz fermentaires diminue, le volume des selles est plus faible et le transit peut fonctionner normalement sans apport élevé en fibres.
Les études sur les régimes cétogènes montrent d’ailleurs que de nombreuses personnes souffrant de troubles digestifs voient leurs symptômes s’améliorer lorsque les fibres fermentescibles diminuent.
Les minéraux et l’équilibre global
Reste la question des minéraux.
La viande, les fruits de mer et les abats sont riches en zinc, fer, sélénium et phosphore. Le sodium et le potassium sont également présents, surtout lorsque l’alimentation inclut différents types de viandes et de poissons.
Certains minéraux comme le calcium peuvent être plus faibles si l’alimentation exclut totalement les produits laitiers ou les petits poissons consommés avec leurs arêtes. Mais même dans ce cas, le métabolisme osseux dépend aussi fortement de la vitamine D, de la vitamine K2 et de l’équilibre hormonal global.
En pratique, les données disponibles sur les régimes carnivores rapportés dans la littérature et dans certaines cohortes d’observation montrent rarement des carences nutritionnelles majeures lorsque l’alimentation inclut une variété d’aliments animaux.
La clé : manger l’animal, pas seulement la viande
La clé n’est pas seulement de manger de la viande.
C’est de manger l’animal.
Viandes musculaires, poissons, œufs, fruits de mer et idéalement certains abats. Cette diversité couvre une large gamme de micronutriments.
Bien sûr, la science sur les régimes carnivores stricts reste encore limitée. Les essais cliniques contrôlés sont rares et la majorité des données provient d’observations et d’expériences individuelles.
Mais une chose devient progressivement plus claire.
L’idée que l’alimentation humaine ne peut pas fonctionner sans végétaux est moins évidente qu’on ne l’a longtemps affirmé.
Pendant la plus grande partie de l’évolution humaine, les aliments animaux ont constitué une part majeure de l’apport énergétique et nutritionnel.
Ce qui amène finalement une question simple.
Si les aliments les plus denses en nutriments de notre alimentation sont d’origine animale… sommes-nous vraiment sûrs que le problème nutritionnel moderne vient d’un manque de végétaux ?
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