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Cholestérol après 65 ans : pourquoi le vouloir trop bas peut être une erreur

Repenser le cholestérol chez les seniors

Auteur : Laurent Glatz Publié : 2026-10-13 Catégorie : Santé métabolique

# CHOLESTÉROL APRÈS 65 ANS : ET SI VOULOIR LE FAIRE BAISSER ÉTAIT UNE GRAVE ERREUR !

**par Laurent Glatz – pour Athletic Carnivore**

Pendant des décennies, on nous a répété qu'un cholestérol élevé était dangereux et qu'il fallait chercher à le réduire pour protéger notre santé. Mais que se passe-t-il lorsque nous avançons en âge ? Et si cette logique, appliquée systématiquement après 65 ans, devenait parfois contre-productive ?

Plusieurs études scientifiques portant sur des dizaines de milliers, et même des millions de personnes, révèlent un phénomène surprenant : **chez les personnes âgées, celles qui présentent un cholestérol relativement élevé vivent parfois plus longtemps que celles dont le cholestérol est très bas.**

Ce constat mérite qu'on s'y attarde. Car derrière un simple chiffre sur une analyse sanguine se cache une question autrement plus importante : cherchons-nous réellement à prolonger la vie, ou simplement à faire baisser un marqueur biologique ?

Le cholestérol : un ennemi que votre organisme fabrique lui-même ?

Voilà déjà un premier paradoxe.

Si le cholestérol était intrinsèquement dangereux, pourquoi notre organisme consacrerait-il autant de ressources à le fabriquer ?

Notre foie en produit quotidiennement, tout comme plusieurs autres tissus, parce qu'il s'agit d'une molécule indispensable au fonctionnement de l'organisme.

Le cholestérol participe à la structure des membranes cellulaires, intervient dans la fabrication des hormones stéroïdiennes, notamment la testostérone, les œstrogènes et le cortisol, et constitue un précurseur de la vitamine D et des acides biliaires nécessaires à la digestion des graisses.

Il joue également un rôle structurel dans le système nerveux, notamment au niveau de la myéline qui entoure les fibres nerveuses.

**Sans cholestérol, aucune cellule humaine ne pourrait fonctionner normalement.**

Mais il faut comprendre une distinction essentielle : le cholestérol nécessaire au fonctionnement des cellules n'est pas directement proportionnel à sa concentration dans le sang. Un taux sanguin plus élevé ne signifie donc pas automatiquement que les cellules fonctionnent mieux.

Cette nuance devient particulièrement intéressante lorsque nous examinons les données sur la longévité.

12,8 millions de personnes : les résultats qui interrogent

En 2019, des chercheurs ont publié dans *Scientific Reports* une étude portant sur plus de 12,8 millions d'adultes sud-coréens.

Au cours du suivi, 694 423 décès ont été enregistrés.

Les chercheurs ont découvert que la relation entre cholestérol total et mortalité ne suivait pas une ligne droite, mais plutôt une courbe en U.

Autrement dit, les concentrations très faibles comme les concentrations très élevées étaient associées à davantage de décès.

Chez les participants âgés de 65 à 74 ans et de 75 à 99 ans, la mortalité globale la plus faible était observée avec un cholestérol total compris approximativement entre **2,10 et 2,49 g/L**.

Encore plus surprenant : chez les 65–74 ans présentant un cholestérol inférieur à 2 g/L, chaque augmentation de 0,39 g/L était associée à une diminution d'environ 20 % de la mortalité globale. Chez les 75–99 ans, cette diminution était d'environ 13 %.

Ces chiffres ne constituent pas la preuve qu'augmenter artificiellement son cholestérol ferait vivre plus longtemps. Ils démontrent cependant une chose : **un cholestérol très bas n'est pas systématiquement synonyme de meilleure espérance de vie.**

Et cela change considérablement la manière dont nous devrions interpréter ce marqueur chez les personnes âgées.

Après 60 ans, davantage de LDL… et parfois moins de décès !

En 2016, une revue systématique publiée dans *BMJ Open* a analysé 19 études regroupant 68 094 personnes âgées d'au moins 60 ans.

Dans 16 cohortes, les chercheurs ont observé une association inverse entre LDL-cholestérol et mortalité globale.

Concrètement, les personnes présentant un LDL plus élevé avaient, dans ces cohortes, une mortalité plus faible.

Ce résultat semble aller à l'encontre de l'idée selon laquelle il faudrait systématiquement rechercher le LDL le plus bas possible, quel que soit l'âge.

Mais les études observationnelles ne permettent pas d'établir une relation de causalité. Cette revue comportait également des limites concernant la sélection des participants et la prise en compte de certains facteurs de confusion.

D'autres recherches confirment néanmoins que la relation est complexe.

Une étude danoise publiée dans le *British Medical Journal* en 2020, portant sur 108 243 personnes, a trouvé une mortalité globale minimale autour de 1,40 g/L de LDL dans l'ensemble de la population.

En revanche, cette même recherche associait l'augmentation du LDL à un risque supérieur d'infarctus du myocarde.

**Voilà toute la difficulté : le cholestérol associé à la meilleure survie globale n'est pas nécessairement celui associé au risque cardiovasculaire le plus faible.**

Pourquoi le cholestérol bas peut-il accompagner une mortalité plus élevée ?

C'est probablement ici que se trouve l'une des clés biologiques de ce phénomène.

Avec le vieillissement, certaines maladies chroniques, les états inflammatoires, la dénutrition ou la fragilité peuvent provoquer une diminution du cholestérol sanguin.

Cela signifie qu'un cholestérol anormalement bas peut parfois constituer la conséquence d'une dégradation de l'état de santé, plutôt que sa cause.

Les chercheurs parlent de *causalité inverse*.

Prenons deux personnes de 75 ans présentant des taux différents.

La première conserve une bonne autonomie, une masse musculaire satisfaisante, une alimentation suffisante et un cholestérol relativement élevé.

La seconde présente une perte de poids involontaire, une diminution de l'appétit, une fatigue persistante et un cholestérol très bas.

Serait-il raisonnable de conclure que la seconde est nécessairement en meilleure santé parce que son cholestérol est inférieur ?

Évidemment non.

Mais attention : cet exemple ne démontre pas non plus que le cholestérol élevé protège la première personne.

Il montre surtout pourquoi **un résultat biologique isolé peut donner une image trompeuse de l'état physiologique réel.**

À 70 ans, faut-il vraiment poursuivre les mêmes objectifs qu'à 40 ans ?

C'est la question centrale.

À 40 ans, l'analyse du risque cardiovasculaire doit notamment tenir compte des décennies d'exposition à certains facteurs de risque.

À 70 ou 80 ans, d'autres dimensions prennent une importance considérable : la fragilité, les maladies déjà présentes, la masse musculaire, l'état nutritionnel, l'autonomie et les traitements utilisés.

Il ne s'agit pas d'affirmer que le LDL élevé devient soudainement protecteur après 65 ans. Aucun seuil biologique de ce type n'a été démontré.

Il serait également incorrect d'en conclure que réduire le LDL est toujours une erreur chez les personnes âgées. Les essais randomisés montrent que cette réduction peut diminuer les événements cardiovasculaires, notamment chez celles ayant déjà subi un infarctus ou un AVC d'origine athéroscléreuse.

En prévention primaire après 75 ans, les données sont moins complètes et l'intérêt d'une intervention dépend davantage du contexte individuel.

La véritable erreur pourrait donc être ailleurs : **appliquer une stratégie uniforme sans examiner la situation réelle de la personne.**

Et si nous regardions enfin l'ensemble du métabolisme ?

Chez Athletic Carnivore, nous défendons une approche qui ne réduit pas la santé à une seule valeur biologique.

Le cholestérol doit être replacé dans un contexte plus large : état nutritionnel, composition corporelle, glycémie, triglycérides, HDL, ApoB, inflammation, activité physique et antécédents cardiovasculaires.

Une alimentation carnivore ou pauvre en glucides peut améliorer certains marqueurs métaboliques chez certaines personnes, notamment les triglycérides et la régulation glycémique. Elle peut également augmenter fortement le LDL chez d'autres.

Une telle augmentation ne prouve pas que la longévité s'améliore. Elle mérite d'être interprétée selon le profil individuel plutôt que systématiquement banalisée ou dramatisée.

Car deux personnes peuvent suivre une alimentation comparable, présenter des résultats sanguins très différents et ne pas partager les mêmes risques.

Ce n'est donc pas simplement une question de manger davantage de graisses animales ou de chercher à augmenter son cholestérol.

C'est une question de compréhension du terrain biologique.

Après 65 ans, le cholestérol le plus bas n'est pas forcément celui qui vous fera vivre le plus longtemps !

C'est le message essentiel de ces recherches.

Les grandes études observationnelles montrent qu'un cholestérol très bas peut être associé à une mortalité globale plus élevée chez les personnes âgées.

Elles ne démontrent pas qu'il faut volontairement augmenter son LDL pour prolonger sa vie.

Cette distinction est fondamentale, mais elle ne retire rien à la question soulevée : pourquoi continuons-nous parfois à interpréter un marqueur biologique sans considérer suffisamment l'âge, les antécédents et l'état physiologique de la personne ?

Le véritable objectif n'est pas de gagner une bataille contre un chiffre.

**C'est de préserver le plus longtemps possible la santé, les capacités physiques, l'autonomie et la qualité de vie.**

Et cela suppose parfois de remettre en question les conseils génériques.

Chez Athletic Carnivore, c'est précisément l'intérêt d'une analyse personnalisée : comprendre ce que les chiffres révèlent réellement de votre organisme, plutôt que les interpréter isolément.

**Et vous, après 60 ou 65 ans, savez-vous pourquoi votre cholestérol se situe à son niveau actuel, ou cherchez-vous simplement à le faire baisser parce qu'on vous a appris que plus bas signifiait forcément mieux ?**

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Références scientifiques

**Yi S.-W. et al. (2019).** *Total cholesterol and all-cause mortality by sex and age: a prospective cohort study among 12.8 million adults.* Scientific Reports, 9, 1596.
https://doi.org/10.1038/s41598-018-38461-y

**Ravnskov U. et al. (2016).** *Lack of an association or an inverse association between low-density-lipoprotein cholesterol and mortality in the elderly: a systematic review.* BMJ Open, 6, e010401.
https://doi.org/10.1136/bmjopen-2015-010401

**Johannesen C. D. L. et al. (2020).** *Association between low density lipoprotein and all cause and cause specific mortality in Denmark: prospective cohort study.* BMJ, 371, m4266.
https://doi.org/10.1136/bmj.m4266

**Cholesterol Treatment Trialists' Collaboration (2019).** *Efficacy and safety of statin therapy in older people: a meta-analysis of individual participant data from 28 randomised controlled trials.* The Lancet, 393, 407–415.
https://doi.org/10.1016/S0140-6736(18)31942-1

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